Photographie par Kinga Michalska


Télé-Québec devrait-elle produire et diffuser des reportages sur les citoyens anglophones du Québec ?
Telle est la question que nous nous sommes posée quand la demande de renouvellement de licence de la chaîne éducative des Québécois a été déposée au CRTC (Conseil canadien de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes). Le mandat de Télé-Québec consiste notamment à « promouvoir la vie artistique et culturelle du Québec » et à « refléter les réalités régionales et la diversité de la société québécoise ». ELAN s’est adressé à Marie Collin, présidente-directrice général de Télé-Québec, pour savoir si les anglophones faisaient partie de cette diversité. Mme Collin a répondu que TQ reconnaît avoir la responsabilité de refléter l’entière diversité de la société québécoise, et qu’elle prenait déjà des mesures effectives à cet égard. Par exemple, de nombreux artistes anglophones sont invités à la populaire émission de variétés Belle et Bum. Il y a quelques années, ELAN avait approché Vidéotron à propos de la chaîne communautaire MAtv, afin de savoir pourquoi on n’y produisait aucune émission en anglais, alors que 20 % des abonnés sont anglophones. Plutôt que de répondre d’un ton dédaigneux ou hostile, les gestionnaires de MAtv ont jugé qu’il était parfaitement logique qu’une chaîne de télévision communautaire diffuse des reportages sur l’ensemble de sa communauté. Lorsque 20 % de la programmation de MAtv est passée à l’anglais, nous avons craint une levée de boucliers. Or personne n’a protesté, et de nombreux téléspectateurs francophones regardent aujourd’hui des émissions produites par leurs voisins anglophones, qui eux aussi ont découvert MAtv et regardent des émissions en français.

Nous sommes loin des années 1960, plus précisément de l’année 1968, date à laquelle Télé-Québec (à l’origine Radio-Québec) a été créée, au sein d’une société profondément divisée sur le plan linguistique. Aujourd’hui, en 2018, la plupart des organismes culturels disposent de politiques inclusives visant à éradiquer les deux anciennes solitudes. L’un des symboles les plus forts de ce changement d’attitude est la création récente, par le gouvernement du Québec, d’un Secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise. La première réunion publique du Secrétariat a eu lieu à la mi-février, et ce fut l’occasion de discuter de nombreux problèmes importants auxquels font face les anglophones du Québec, et d’envisager des solutions. Le nouveau Secrétariat ne règlera pas tout, mais il ouvre un dialogue bienvenu, qui permettra de discuter de problèmes réels avec des gens qui ont le pouvoir de changer les choses. La ministre Kathleen Weil et le député David Birnbaum ont tous deux participé à la réunion du Secrétariat. Ils ont tous les deux affirmé que le Québec valorise le travail des artistes anglophones et que le gouvernement veillera à ce que cela se traduise de manière concrète, notamment dans le plan d’action de la nouvelle Politique culturelle du Québec. C’est dans cet esprit qu’ELAN a fait une demande d’intervention au CRTC pour suggérer que Télé-Québec suive l’exemple de MAtv.

Le journaliste Vincent Brousseau-Pouliot a été intrigué qu’ELAN souhaite voir Télé-Québec diffuser des émissions sur les communautés d’expression anglaise, et il a publié un article à ce sujet dans La Presse. Brendan Kelly, animateur à CBC Radio et chroniqueur à la Montreal Gazette, comprenait mal qu’ELAN puisse sérieusement espérer que Télé-Québec soit d’accord avec cette idée. Quand La Presse a publié l’article de Brousseau-Pouliot sur Facebook, les médias sociaux se sont rapidement enflammés. Le leader parlementaire Pascal Bérubé s’est levé à l’Assemblée nationale pour accuser ELAN de vouloir « faire pression sur le CRTC » afin que celui-ci alloue des fonds à la production d’émissions en anglais à Télé-Québec, et il a demandé que la ministre de la Culture Marie Montpetit « ferme la porte » aux demandes d’ELAN. Mme Montpetit a répondu que « Télé-Québec continuera de promouvoir la culture québécoise et de représenter la diversité du Québec », ce qui n’a pas semblé satisfaire M. Bérubé. Lui et ses collègues du Parti québécois ont donc déposé une motion à l’Assemblée nationale exigeant une garantie à l’effet que 100 % du contenu diffusé à Télé-Québec demeure en français. Quand Pascal Bérubé et Don MacPherson, de la Montreal Gazette, ont commencé à se quereller sur twitter, tel que rapporté dans Le Journal de Montréal, on a pu constater que l’année 1968 n’était pas aussi loin derrière nous qu’on pouvait le croire.

Maintenant que nous avons eu droit aux réactions épidermiques d’usage concernant les questions linguistiques, nous pouvons peut-être revenir à la question principale posée par ELAN, à savoir : de quelle manière Télé-Québec représente-t-elle et inclut-elle la diversité québécoise ? Bérubé et d’autres ont raison de dire que le monde est inondé de productions en anglais, ce qui constitue une menace pour le Québec francophone. Cela constitue aussi un sérieux défi pour les producteurs anglophones du Québec. À cet égard, nous ne sommes pas dans des camps opposés. Aucune de ces productions étrangères ne reflète nos réalités locales. Elles ne parlent pas de nous. C’est là le rôle de la télévision éducative québécoise, et Télé-Québec a pour mandat de refléter la diversité de la société québécoise. Nous ne sommes pas dans des camps opposés à cet égard non plus. La seule question est de savoir comment cela va se faire.


Guy Rodgers

Directeur exécutif

Sunday, March 4, 1 PM – 4 PM
MAI
3680 rue Jeanne-Mance, H2X 2K5
Montreal, Quebec

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